Sur la route avec le van de Geoff Hollister

27 Fév, 2017 | Récit

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1973. Nike existe depuis maintenant deux ans, et le staff de la jeune firme s’est déjà rôdé avec l’entreprise Blue Ribbon Sports, en distribuant des Onitsuka Tiger, des baskets japonaises de bonne qualité. À présent, l’objectif fixé par le boss Phil Knight est simple: il faut faire connaître la marque. La méthode commerciale est plutôt du genre agressive, Knight n’y allant jamais par quatre chemins pour atteindre ses objectifs. Il demande ainsi à ses deux premiers employés, Jeff Johnson, rencontré à l’Université de Stanford et Geoff Hollister, ancien athlète de Bill Bowerman à l’Université d’Eugene, d’aller chercher les clients sur toutes les pistes d’athlétisme du pays. Du jamais vu jusqu’alors pour une marque de sport. Néanmoins, le besoin de voir plus loin se fait sentir. C’est alors que Geoff Hollister a une idée de génie: vendre sa vieille voiture de sport Aventis pour racheter… un vieux van gris Volkswagen qui fleure bon le road trip et l’aventure. Le coffre rempli de cartons Nike, Hollister se met ainsi à sillonner tout l’Oregon, comme en campagne électorale, pour faire connaître ses produits et vendre des paires de Nike.

« Vos gars vendent des Nike dans mon jardin ! »

Il faut dire que Geoff Hollister a le profil idéal pour le job. C’est un excellent vendeur, qui a développé un sens aigu des affaires. Dans les années 60, c’est lui qui a ouvert la première boutique de Blue Ribbon Sports, « BRS West », à Eugene, avant de passer trois années en Guadeloupe avec la marine américaine. D’ailleurs, si Nike n’avait jamais vu le jour, la légende veut qu’il ait réfléchi à vendre des parapluies, l’Oregon étant une région des plus pluvieuses. Autre avantage, il connaît par cœur tous les modèles de running Nike, qu’il a testés sur la piste d’Eugene, avec les conseils de son mentor Bowerman, auprès duquel il a aussi acquis une bonne expérience du coaching. Et de fait, l’homme a un bon contact. Sur la route, il descend de sa camionnette, ouvre le coffre, et va, chaussures en main, à la rencontre des coureurs et des fournisseurs. Il est souvent accompagné des premiers athlètes sponsorisés par la marque comme Jeff Galloway, Mac Wilkins ou le déjà culte Steve Prefontaine. Souvent, Hollister se gare n’importe où. Comme le jour où il se plante dans les plates-bandes du propriétaire d’une boutique de sport. Celui-ci, furieux, appelle directement Phil Knight et se plaint : « Vos gars vendent des Nike dans mon jardin ! ». Knight somme à ses hommes de régler le problème au plus vite. Voilà comment s’y prend Hollister: il annonce au propriétaire qu’ils s’en iront seulement s’il accepte de vendre des Nike dans son shop. Marché conclu. Encore une victoire.

Préfontaine dans le van

Le van permet également à Hollister de faire la promo du running. Quand Steve Prefontaine court le Twilight Mile en 3 minutes et 55 secondes le 27 avril 1973, – un temps record pour l’époque, aujourd’hui encore troisième performance de l’histoire de l’athlétisme américain -, Hollister saute sur l’occasion et installe une nouvelle plaque d’immatriculation où il est écrit “ NIKE 1”. « Je n’ai pas cherché à dire: “ je suis le numéro 1 de Nike”, mais plutôt “ Nike a enfin gagné quelque chose, et quelque chose d’important” ». Avec Pre à ses côtés, il prépare l’avenir et sensibilise les générations futures à l’athlétisme. Face à ce succès, Jeff Johnson l’imite sur la côte Est, du côté de Boston, avec son propre van. L’idée fait son chemin.

En route pour l’histoire

Aujourd’hui, le van Nike fait son grand retour. Il servira de club house mobile et offrira aux runners tous les services dont ils ont besoin pour courir en marge du Nike+ Run Club : de quoi s’hydrater, des casiers sécurisés, des prises pour charger leurs téléphones portables, des chaussures à tester évidemment et surtout des coachs et des pacers pour les guider dans leur efforts et leurs progrès. À croire que cet objet fétiche était fait pour ne jamais finir à l’abandon…

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