Est-ce que le running permet de progresser au tennis?

2 Juin, 2017 | Détente

Auteur : David Marty  

Les joueurs de tennis, qui jouent douze mois sur douze à travers le monde, sont des marathoniens. Pourtant, running et tennis font-ils bon ménage? Alors que Roland Garros débute, éléments de réponse.

Lors de l’Open d’Australie 2015, IBM s’est amusé à calculer la distance parcourue par les joueurs et joueuses pendant un match et a en tiré des leçons intéressantes. Ainsi, comme prévu, les données évoluent grandement en fonction du tennis pratiqué. Lors des trois premiers tours, le joueur qui a le plus couru est David Ferrer, – un joueur de terre battue -, avec une distance de 10 kilomètres. Tout l’inverse de Novak Djokovic, le puncheur, avec 5km parcourus. Il ne faut pas non plus oublier qu’à cette époque, à l’apogée de sa carrière, Djoko était très expéditif. Chez les filles, Serena Williams n’a couru que 4,5km pour aller en finale. Dans les deux cas, ce sont ceux (Williams et Djokovic) qui ont le moins couru qui ont finalement emporté le tournoi. Ce qui amène à poser la question: est-ce que le running est bon pour le tennis ? D’autant plus utile que le running pourrait bien devenir obligatoire.

Bonnes pratiques du tennis

Pour répondre, le site Optimum Tennis a écrit un guide de « bonnes pratiques ». Voici la première leçon : « Bien que l’on ne puisse pas rattacher les deux sports, de nombreux joueurs de tennis de très haut niveau courent beaucoup pour se préparer. » Seconde leçon : « Des kilomètres de course feront des merveilles pour votre système cardiovasculaire et votre endurance. Le mieux étant de courir pendant 20 minutes à son rythme. » Un hic cependant : « Rappelez-vous, un match de tennis n’est pas un marathon. Si vous ne faites pas une préparation spécifique au tennis, vous risquez de vous retrouver avec une préparation imparfaite. Dans le tennis, il y a des mouvements courts et rapides qu’il faut anticiper. » En résumé : « Le running améliore votre endurance, mais l’ajout d’une formation à haute intensité spécifique au tennis vous aidera à pratiquer le type de jeu dont vous rêvez. »

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Fréquence du running / séquence tennis

Préparateur physique de renom, Paul Quétin valide cette thèse pour le site Welovetennis et la précise même: « La fréquence du running doit être rapportée au nombre de séquences tennis. Un joueur qui ne joue qu’une fois par semaine, n’a-t-il pas intérêt d’aller jouer une deuxième fois au tennis plutôt que d’aller courir? S’il veut progresser, c’est plus intéressant pour lui. Par contre, un joueur qui fait de la compétition et qui s’entraîne deux à trois fois par semaine peut ajouter une séance de running, admettons, en fin de semaine, de 40 à 45 minutes. Cela doit être relativisé selon le gabarit, l’âge… C’est aussi l’avantage de la course: chacun trouve un niveau de course, une durée et une intensité qui lui correspondent. »

Doucement, c’est bien aussi

Quelques conseils supplémentaires : « Dans un premier temps, ce qui est important et essentiel de préciser, c’est qu’il faut courir à une allure où on est bien. C’est le premier repère à donner. On ne doit pas courir à la limite de ses possibilités, tant sur le plan respiratoire que sur le plan de la fréquence cardiaque. Le sportif loisir n’a aucun intérêt à se mettre dans cette situation. Au contraire, on doit privilégier des intensités où l’on est à l’aise. À partir de ce moment, la durée dépend de sa capacité à prolonger. Pour un joueur de tennis, il ne me semble pas heureux d’aller courir plus d’une heure, car il ne s’agit pas de préparer un semi ou un marathon. Celui qui est capable de courir 30, 40 ou 50 minutes, voire une heure, à une allure lente, tranquille, c’est déjà très bien ! »

Chez les pros, c’est moins vrai. Après l’Open d’Australie 2015, Caroline Wozniacki a couru son premier marathon en 3 heures et 26 minutes à New York. Avec des baskets de running, bien entendu. Pour cet exercice, les chaussures de tennis sont vivement déconseillées.