Le pistolet de départ est une arme comme les autres

9 Juin, 2017 | Détente

Auteur : Jean-Romain Blanc

Comme son nom l’indique, le pistolet de départ est un pistolet ; il est plus exactement un revolver. En tant que tel, il a pu parfois être pris pour une arme. Retour sur quelques hauts faits impliquant cette arme de poing.

Un starter ne pouvant starter 

En octobre 2016, l’officiel chargé de donner le départ de la course Tout Rennes court est intercepté parce qu’il avait dans son sac… son pistolet de départ. En plein état d’urgence, le service de sécurité de la course n’a pas voulu prendre de risques malgré les preuves fournis par l’homme membre de la Fédération française d’Athlétisme. Se voyant refuser l’accès de la course, il quitte furieux la zone de départ et contraint les organisateurs à trouver au dernier moment un autre officiel agréé.

D’une Allemagne à l’autre

En 1978, Detlev Tiede et Ingrid Ruske, deux ressortissants Est-Allemands montent à Gdansk, en Pologne, dans un avion à destination de Berlin-Est. Après le décollage, ils sortent un pistolet de départ, prennent un otage parmi le personnel de bord et font atterrir l’avion à Berlin-…Ouest. Les deux jeunes gens voulaient quitter le bloc soviétique et y parviendront. Les tribunaux ouest-allemands leur permettront finalement de rester, après une petite année en prison, en vertu de la politique occidentale qui se voulait accueillante pour tous les individus qui fuient le bloc de l’Est. A noter que parmi la soixantaine de personnes présentes dans l’avion, sept vont également profiter de cette étape imprévue pour demander l’asile.

Indiana Jones à l’éthiopienne

Issu d’une famille lettrée éthiopienne, Nebiu Demeke s’est pourtant vu refuser à plusieurs reprises un visa d’étudiant aux Etats-Unis, pays où vit une partie de sa famille. Pugnace, le jeune homme de 21 ans va détourner un avion entre Francfort et Le Caire, en 1993, pour le faire atterrir à l’aéroport J.F.Kennedy de New York. Pour ce faire, il se procure un pistolet de départ, le cache dans son chapeau « à la Indiana Jones », comme il l’appelle, et parvient à passer les portiques de sécurité. Equipé de balles à blanc, il rentre dans la cabine et prend le pilote en otage. Comme en 1978, aucun coup ne sera tiré et personne ne sera blessé. Seule, la fin de l’histoire est légèrement différente pour l’auteur du détournement puisqu’il sera inculpé et envoyé en prison pour 20 ans.

Kang et son pistolet

Lors d’un voyage diplomatique en Australie, le Prince Charles (le Britannique) se fait tirer dessus à deux reprises par un étudiant, David Kang, qui veut protester contre le traitement des immigrés cambodgiens chez les Wallabies. Il s’avère que le jeune homme, déprimé et souffrant de maladies mentales, utilisa des balles en blanc. Personne ne fut blessé et l’envoie de nombreuses lettres de rédemption (au Pape, au Prince Charles lui-même, au président américain, à l’ONU…) pousseront les juges à la clémence. Il fera 500 heures de travaux d’intérêt général avant de reprendre sa vie en main, puisqu’il est aujourd’hui avocat spécialisé dans les affaires criminelles. Il pourrait de fait s’intéresser au cas de la Princesse Astrid, qui a rendu sourd le Premier Ministre Belge