Peter Thompson, 44 jours, 44 marathons

26 Mai, 2017 | Personnage, Récit

Auteur : Maxime Brigand  

Il y a un peu moins de deux ans, Peter Thompson signait son record personnel sur le marathon d’Amsterdam. Dès lors, l’Anglais s’était fixé un objectif fou : claquer 44 marathons en 44 jours. Il raconte.

Au moment de s’ouvrir sur cette sensation, il parle avant tout d’une fascination. D’une claque dans la gueule aussi, un peu. « Tu vois, à un moment, j’arrive sur The Mall, à Londres. C’est la ligne d’arrivée, la fin de mon premier marathon et c’est peut-être finalement là que je me suis dit que je n’avais en aucun cas envie de m’arrêter », lâche-t-il. C’était il y a maintenant huit ans, avant de voir sa dalle de performance grossir. Et, la bascule en octobre 2015. Peter Thompson est alors à Amsterdam et vient de boucler son record personnel : 2 heures, 25 minutes. À cette époque, le trentenaire anglais s’arrache déjà chaque semaine, passe ses séances d’entraînement les yeux bloqués sur sa montre GPS et ses phases de récupération à analyser ses statistiques. C’est à cet instant que l’homme va alors retourner sa vision de la chose : non, il ne veut plus se rendre malade à chercher en permanence la performance absolue mais souhaite retrouver l’essence de la course, son « intensité ». Peter précise : « Je voulais trouver quelque chose de différent, quelque chose qui allait pouvoir marquer l’imaginaire des gens dans l’espoir de récupérer de l’argent mais aussi sensibiliser autour des maladies mentales. Ce projet, c’était aussi pour ça. » En partant de ce constat, le coureur anglais s’est calqué sur des modèles. Des mecs comme Eddie Izard – qui a claqué 27 marathons en 27 jours l’an passé – ou le monstre Ben Smith, l’homme aux 401 marathons en 401 jours. Pour lui, ce sera 44 en quarante-quatre jours. Majuscule.

Le Vatican, la blessure et les calories

La feuille de route est simple : « L’objectif était de courir un marathon dans chaque pays d’Europe. Il y a plusieurs appréciations mais je me suis basé sur celle des Nations Unies qui parle donc de 44 pays dans le continent. Je me suis alors posé un temps avec mon pote Billy. Un temps, c’est six mois quoi. Six mois à bosser pour organiser la logistique et trouver le meilleur parcours possible. Au final, on est arrivés à 21 voyages en train, douze avions, cinq bus, cinq voyages en voiture et un bateau à prendre. Forcément, il y a eu quelques soucis comme lorsque j’ai perdu ma valise juste avant notre arrivée en Russie. On a également raté un bus à un moment qui nous a obligé à prendre un taxi pendant toute une nuit pour rejoindre la Croatie lorsqu’on était en Bosnie. » Puis, Peter Thompson a donc débuté sa quête le 1 avril dernier avec l’objectif premier de boucler l’aventure au Vatican à la mi-mai. C’est finalement là qu’il a rencontré le plus de galère, entre la foule présente tous les jours dans l’enclave romaine et les restrictions de sécurité. Mais il y est arrivé, à force de persuasion.

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Difficiles marathons belges

Mais comment préparer une telle expérience ? En s’enchaînant des semaines à plus de 160 kilomètres de course, histoire de se mettre en condition mais aussi en acceptant de voir sa jambe le lâcher quatre fois à l’entraînement. Ça, c’est la première case à cocher, avant de noircir celle du boulot là où Peter bosse dans un service de prescription sociale au quotidien et où son patron a accepté de l’accompagner dans sa démarche. La suite ? Un bonheur total et des images. « J’ai fait tellement de rencontres pendant ce voyage, raconte-t-il. C’est là aussi que tu rencontres la solidarité. Il faut se rendre compte comment les clubs locaux m’ont aidé et comment tous mes amis m’ont soutenu. Je n’oublierai par exemple jamais une course fait autour d’un lac magnifique en Albanie avec mon ami Manol. Je crois que personne n’avait jamais couru un marathon à cet endroit et c’est exactement le type d’expérience que je voulais vivre. Et, tu as les moments plus durs comme lorsque j’étais en Belgique. Il me restait huit jours à tenir, je me suis blessé à la fin de la course, je n’arrivai plus à plier ma jambe gauche à plus de 30%. J’ai été obligé de développer une nouvelle technique de foulée jusqu’à la fin. » Aujourd’hui, Peter est rentré en Angleterre, soigne encore sa jambe et est de retour au boulot. « Ah, j’essaye aussi de me calmer sur la nourriture parce que pendant mon aventure, je mangeais 6000 calories par jours. »