Des œufs et des poulpes : à l’origine d’ASICS

27 Juin, 2017 | Récit

Auteur : Charles Alf Lafon  

Derrière chaque grande épopée, il y a un mythe fondateur. Pour la marque japonaise ASICS, tout a commencé dans la cuisine de la mère de son créateur. Parce qu’il n’y a pas que l’appétit qui vient en mangeant. 

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L’inspiration a cela de fantastique qu’elle peut frapper à n’importe quel moment ; souvent lorsqu’on s’y attend le moins. C’est ainsi qu’Archimède fut atteint dans son bain ou Newton par une pomme sous un arbre. Évariste Galois, jeune mathématicien français du XIXe siècle, écrivit quant à lui en une nuit des textes révolutionnaires, avant de mourir au petit matin au cours d’un duel galant (le sommeil, c’est important à la veille d’une grande compétition). Bien sûr, ces histoires sont si belles qu’elles se révèlent en fait être ce qu’elles sont vraiment : des légendes, exagérées, embellies au fil des siècles. Archimède n’aurait pas trouvée sa poussée, seulement une bonne idée à un problème de couronne, Newton a seulement vu une pomme tombée dans son jardin, Galois n’a fait que résumer ses idées. Toujours est-il que c’est ainsi qu’elles sont passées à la postérité.

Oasis, bière et basket

L’industrie de la chaussure de sport comporte aussi son lot de mythes : la lutte fraternelle et impitoyable des Allemands, qui n’est pas sans rappeler les jumeaux de l’Antiquité ou Oasis, le moule à gaufre de l’Américain. Et puis il y a le pays du Soleil-Levant. En 1949, dans un Kobe en pleine reconstruction post WWII, Kihachiro Onitsuka, après une rapide incursion dans la vente de bières de contrebande, se lance dans la fabrication de chaussures de sport. Les locaux de sa nouvelle compagnie, Onitsuka Tiger, se limitent au bureau que lui a prêté son père adoptif. Ce n’est encore qu’un frémissement, un balbutiement.

Kihachiro n’y connaît simplement pas grand-chose en cordonnerie mais il sent que les Japonais vont se piquer de basketball. Après bien des essais et des erreurs, des nuits et des jours dans son bureau, il livre son premier modèle à l’entraîneur d’une équipe de lycée. Celui-ci l’informe alors que ses chaussures, qui ressemble à des sandales en paille, ne tiennent absolument pas la route, enfin, le parquet. Kihachiro a en effet négligé l’essence du basket, fait de changements de direction, d’arrêts, de départs, tout un ballet qui nécessite un contrôle maximal. Retour à la case départ.

Une bonne salade de poulpes

Par une chaude journée d’été, en 1951, Kihachiro dîne chez sa mère, qui lui a préparé une bonne salade de concombres vinaigrés et de poulpes. Alors que son bol est presque vide, il remarque un morceau de poulpe collé au fond. Impossible de l’arracher. L’inspiration frappe : pourquoi ne pas utiliser cette technologie pour avoir une meilleure adhérence au sol ? Ainsi voit le jour la première chaussure de basketball à ventouse. Les résultats se révèlent impressionnants. Trop même : les prototypes ont tellement de grip que les joueurs en tombent. Alors Kihachiro réduit la taille des ventouses. Chaussée d’Onitsuka Tiger, l’équipe du lycée remportera son championnat. L’équipe olympique de basket japonaise les portera aussi en 1956 à Melbourne, tout comme des générations de sportifs à venir.

Le test de l’œuf

En 1977, la compagnie est renommée ASICS – l’acronyme de la formule latine « Anima sana in corpore sano », soit « un esprit sain dans un corps sain » – et le reste appartient à l’histoire. Pour ne pas s’y laisser enfermer, ASICS a établi à Kobe, là où tout a commencé, un centre de développement ultra-moderne doté de tout ce que l’on peut imaginer pour tester de nouveaux produits : labo de biomécanique, chambre à climat artificiel, une piste d’athlétisme. Mais c’est encore en cuisine que tout se passe. Afin de tester l’amorti des nouveaux gels, les ingénieurs d’ASICS n’hésitent pas à lâcher des œufs crus de plusieurs mètres de haut : 2,3,5,10,15 même. Si l’œuf ne se brise pas, c’est un succès.

L’Okonomiyaki à la ASICS

Mais l’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs, encore moins d’Okonomiyaki, un plat traditionnel japonais, sorte de croisement entre pancake, pizza et omelette. Afin de rendre hommage à sa culture, ASICS a lancé un défi à sa team Frontrunner : en cuisiner un au poulpe. La mère de Kihachiro Onitsuka aurait été fière.

L'oeuf et le poulpe sont des aliments stars dans la culture de ASICS 🐙 À votre avis, pourquoi ? La team ASICS Frontrunner a pu le découvrir lors d'un run spécial Japon très spécial 🇯🇵🏃

Publié par Running Heroes sur lundi 22 mai 2017