Mike Horn, toujours prêt à passer le cap

18 Juin, 2017 | Personnage

Vendeur de choux, sportif accompli, coach mental, père, Mike Horn multiplie les casquettes. Il s’attaque maintenant au défi ultime : faire survivre Christophe Dechavanne dans la jungle vénézuélienne pendant quatre jours.

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Qu’ont en commun Christophe Dechavanne, Laure Manaudou, Michaël Youn et M. Pokora, si ce n’est d’avoir entre 30 et 60 ans ? Ils ont tous participé à l’émission À l’état sauvage sur M6, animée par l’aventurier Mike Horn. Dans des contextes hostiles, du désert à la jungle, l’Helvético-Sud-Africain est en charge de la survie de ces « personnalités » pendant quatre jours. Pour eux, c’est au choix « un calvaire », une « expérience inoubliable »« une formidable claque dans la gueule », « une leçon d’humilité devant la beauté des paysage et la puissance de la nature » ; pour Mike Horn, c’est une sinécure. L’aventure, la survie, manger un scorpion, dormir avec des cactus en guise d’oreillers tout ça, il connaît. Il l’a appris au fur et à mesure de ses multiples expéditions au cours des 25 dernières années.

Avant de faire ses classes en tant qu’explorateur télévisé de l’extrême, Mike Horn était plus sobrement un passionné de sport, né à Johannesburg, dans l’Afrique du Sud de l’apartheid. Comme tout Sud-Africain qui se respecte, il s’essaie au rugby, mais aussi au cricket, à l’athlétisme, au vélo, au tennis… Mais le jeune Mike se révèle plutôt branché aventure : lecteur assidu des grands explorateurs Roald Amundsen, Ernest Shackleton ou Paul-Emile Victor, il va jusqu’à envoyer une lettre au commandant Cousteau, qui restera sans réponse.

Comme souvent, l’aventure entrera dans sa vie sous sa forme la plus terrible. À dix-huit ans, il est enrôlé dans l’armée sud-africaine, engagée dans une lutte sanglante avec la Namibie voisine (voir bataille de Cuito Cuanavale, janvier 1988). Son premier contact avec la mort reste gravé dans sa mémoire à jamais : « J’ai découvert que l’on ferait n’importe quoi pour rester en vie ».

Du pays de l’apartheid à celui des horlogers

Après la fin du conflit avec la Namibie, âgé de 20 ans, il troque les armes pour les choux, dont il devient un négociateur talentueux. À tel point qu’une transaction heureuse lui procure une petite fortune. Mais bientôt, la vie de sédentaire commence à lui peser. Direction alors la Suisse, en 1990 ; un « choix » guidé par le hasard. L’Afrique du Sud est alors sous embargo et trois pays seulement acceptent ses ressortissants sans visa : Israël, l’Angleterre et la Suisse. Le premier avion quittant Johannesburg prend la direction de Zürich. Mike n’hésite pas. Et voilà comment on le retrouve directeur d’une auberge de jeunesse au pays du chocolat et du secret bancaire.

C’est en 1991 que débute réellement sa vie d’explorateur avec un raid dans les Andes, qu’il arpente dans les eaux en raft et dans les airs en parapente. Ce n’est qu’un début. En 1997, seul, sans assistance et subsistant des ressources qu’il trouve dans la nature, il traverse d’Ouest en Est le continent sud-américain : six mois d’exploration, d’alpinisme et une descente sur l’Amazone jusqu’à l’Océan Atlantique. En 1999, il fait le tour de la Terre au niveau de l’équateur, en n’utilisant aucun véhicule motorisé. Au milieu des années 2000, il réalise plusieurs voyages vers les pôles. L’alpinisme fait également partie de ses dadas, lui qui a escaladé plusieurs 8000, dont les Gasherbrum I et II, au Pakistan.

D’un pôle à l’autre

Côté cœur, après l’installation en Suisse, il rencontre rapidement Cathy, qui deviendra sa femme. Elle sera à la fois son imprésario et son organisatrice de voyages, devenant une pierre angulaire des différentes conquêtes de l’explorateur. Un mariage d’amour et de raison, jusqu’à ce que tout bascule. En 2015, Cathy est emportée par un cancer du sein.

Après le drame, Mike décide d’entamer le projet Pole2Pole qui, comme son nom l’indique, est un tour du monde du Sud au Nord en passant par les pôles. La première partie du périple a été accomplie en début d’année 2017, il a rejoint l’Australie en passant par le pôle sud, après un départ d’Afrique du Sud. Un projet gargantuesque utilisant différents modes de transport, en fonction du terrain : marche, voile, ski, kayak, 4 x 4…

Mike Horn l’animateur

En France, il se fait connaître en animant plusieurs émissions de survie diffusées sur M6 : À l’état sauvage, donc, et The Island, où il organise la survie de groupes d’individus sur des îles pendant un mois. Les confrontations entre Mike Horn, personnage idéalisé de l’explorateur – taiseux, dur au mal, adroit, directif, charismatique – et les célébrités de la télévision française donnent des scènes assez cocasses. Fort de son accent mi-suisse, mi-anglais, il interpelle, vitupère, console avec des phrases qui ont tous les attributs de la sentence ou de la maxime d’une fable de Jean De La Fontaine. Son compte Twitter regorge de ces bons mots : « Je préfère vivre une journée comme un lion que toute une vie comme un mouton », « il n’y pas de problème, que des solutions », « les montagnes sont faites pour nous rappeler à quel point nous sommes petits », « Pas de défi, pas de vie »

Cet ensemble de maximes façon La Rochefoucauld et une « positive attitude » érigée en principe de vie sont le socle d’une autre activité de Mike Horn. Comme Yannick Noah, qui s’est essayé au coaching mental, avec réussite, l’explorateur a rejoint plusieurs équipes de sportifs pour des séances de motivation. Au nombre de ses réussites, on peut compter l’équipe indienne de cricket, championne du monde en 2011, ou l’équipe d’Allemagne de football, championne du monde en 2014, qu’il a accompagnée durant les stages de préparation de juin, avant la compétition. Ou encore avoir fait taire Christophe Dechavanne après lui avoir indiqué que son gel coiffant et son coussin n’étaient pas des objets utiles en milieu hostile.

Auteur : Jean-Romain Blanc