Comment courir en campagne électorale?

5 Mai, 2017 | Récit

Auteur : Antoine Mestres  

C’est un fait: les politiques aussi se mettent à la mode du running. Voilà une liste de bonnes pratiques à suivre quand les campagnes battent leur plein. 

1. Courir deux à trois fois par semaine

C’est Patrick Rotman, auteur de différents documentaires sur Nicolas Sarkozy, qui annonce la couleur : « Une carrière politique, c’est un marathon composé de plusieurs 100 mètres. Il faut être capable de tenir la distance car inévitablement c’est un parcours en dents de scie. » Une carrière politique serait donc un marathon doublé d’une série de sprints intermédiaires. Une étape du Tour de France en running. Autrement dit, un exercice périlleux et quasiment impossible, qui nécessite beaucoup d’entraînements. Bruno Le Maire valide cette thèse. C’est ainsi qu’en période de campagne électorale, l’ancien ministre de l’Agriculture confie dans L’Équipe s’astreindre « aux alentours de deux sorties par semaine ».

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2. Couper votre téléphone

La campagne a commencé, la pression est à son comble, vous êtes attaqué de toutes parts. Ce matin même, sur Europe 1, vous avez trébuché sur une mesure de votre programme que vous connaissez pourtant par cœur. Vous avez besoin de réfléchir et de faire le point ? N’hésitez pas à couper votre portable pendant une heure et enfiler vos baskets de running. Pourquoi ? C’est encore Le Maire qui se charge de la réponse : « Courir permet de se vider l’esprit, ça baisse la tension, ça retire la nervosité, le stress, et ça aide à mieux dormir. C’est pour cela que le sport est indispensable, car il vous procure un équilibre intérieur. » Et puis c’est aussi un bon moyen d’éviter les Twittos en furie.

3. Écouter de la musique

Une fois la course enclenchée, pour accompagner vos pensées, vos réflexions et secréter l’endorphine qui vous fait du bien, n’hésitez à mettre un peu de musique. Le conseil vient cette fois du candidat socialiste Benoît Hamon, qui se confie lui aussi à L’Équipe: « Je déteste quand ma playlist s’arrête. Je suis plutôt du genre à avoir besoin de courir, je me sens mal quand ce n’est pas le cas, même si ça arrive du fait de manque de temps. » C’est prouvé, rien ne vaut de la house ou de l’électro pour accompagner un footing rythmé. Et surprise : les bonnes idées arrivent par des dizaines dans ces moments-là. « Quand je cours, je gamberge beaucoup et j’ai beaucoup d’idées ! » Il ajoute : « Je me dis que ce serait génial si j’arrivais à tout noter d’ailleurs. » Si l’idée du siècle se pointe, ne faites en revanche pas comme Benoît : écrivez-la dans la foulée.

4. Toujours courir le buste droit, le sourire en coin

Souvenez-vous du fameux footing de Villepin à la Baule en septembre 2005. Buste droit, cheveux parfaitement coiffés, le regard fier, le Premier ministre de l’époque joue alors un match avec Nicolas Sarkozy pour savoir qui sera le candidat de l’UMP lors de l’élection présidentielle qui arrivera deux ans plus tard. Alors que ce dernier poireaute au bar de plage de l’hôtel de l’Ermitage, Villepin fait donc attendre son ennemi, court et prend la pose sur la plage, sous le regard de journalistes amusés. Il sortira gagnant de ce moment médiatique. Un footing bien négocié vaut parfois mieux qu’une conférence de presse.

5. Le faire devant les journalistes

Nicolas Sarkozy, une fois élu en 2007, n’a jamais cessé de courir. Toujours devant les journalistes. En effet, rien de mieux qu’un footing face caméra pour montrer que l’on s’active, que l’on se bat, que l’on se donne corps et âme pour la nation et ainsi gagner en popularité. Que ce soit le lendemain de sa victoire, avec François Fillon au bois de Boulogne, à Central-Park, lors d’un sommet de l’ONU, au Japon dans le golf de Tokyo lors du sommet de G8, Sarkozy court et fait de la politique en même temps. Attention aux excès tout de même, un malaise vagal est vite arrivé.

6. Montrer l’exemple mais pas que

Les François font moins de sport. Ce sont les chiffres qui le disent. Aujourd’hui, ils sont seulement 58 % à déclarer pratiquer une activité sportive. Pour vous inciter à courir, Emmanuel Macron entend développer « l’accès aux infrastructures, multiplier les aménagements de plein air et mener des actions de sensibilisation » quand Marine Le Pen souhaite « renforcer les actions contre la violence dans le sport amateur et imposer le respect strict de la laïcité et de la neutralité dans tous les clubs sportifs ». Des deux campagnes, Macron paraît le plus en marche…