Blessure : tu sais que tu es blessé quand

16 Juin, 2017 | Détente

Auteur : Charles Alf Lafon

Parce que la vie est une garce, tous les coureurs sont égaux face au grand égalisateur : la blessure. De l’ampoule à l’essuie-glace en passant par l’entorse de la cheville, sans parler adducteurs ou pubalgie, nul n’est épargné. 

… tu découvres la douleur.

… tu sais que la pharmacienne en bas de chez toi s’appelle Élisa.

… tu calcules chaque trajet en fonction du trajet à pied,

… on te laisse une place dans les transports en commun.

… tu regardes les photos des copains coureurs avec envie.

… tu cherches un bon kiné, plutôt pas mal de préférence.

… en attendant, tu regardes tutos Youtube sur les straps.

… tu te dis que ca passe vite, trois semaines.

… en fait c’est trop long.

… alors tu recours au bout de deux.

… tu en reprends pour trois semaines.

… tu as regardé tes symptômes sur Doctissimo. Lupus donc, ou cancer.

… tu dors dans des positions bizarres.

… tu achètes beaucoup de petits pois surgelés.

… tu fais des cataplasmes qui ressemble plus à une salade.

… tu te ruines en élasto.

… d’ailleurs, tu connais tous les formats.

… et tu as un petit pincement quand on te donne un « équivalent ».

… tu sais que c’est à cause des chaussures.

… de fait, tu fais des économies en chaussures.

… tu es persuadé de faire du gras.

… tout le monde te demande comment tu as fait. Tu gardes pour toi ce rock endiablé à 3h du mat.

… tu as un peu honte d’avoir le dos bloqué. C’est complètement invisible comme blessure.

… tu t’essayes à d’autres disciplines pour garder la forme malgré tout. Pas si mal l’aqua-poney.

… tu fais moins de machines que d’ordinaire.

… tu en profites pour rattraper ton retard en série.

… tu te rappelles que tu as d’autres potes. Ou pas d’ailleurs.

… tu manges pour compenser.

… tu vois tes segments t’échapper un à un.

… tu enrages de ne pas pouvoir participer aux challenges du moment sur Running Heroes.

… tu essayes de revendre ton dossard à la dernière minute.

… tes pieds sont redevenus tout doux.

… tu te sens coupable au moment de l’apéro post-run. Toi, tu n’es pas tout dégoulinant.

… tu les détestes même un peu, eux, les valides.

… tu découvres les vertus de la patience.

… chacun y va de son expérience personnelle. « Ouais moi la malléole j’ai déjà fait, c’est hyper douloureux ». Bah ouais morray.

… tu rêves de Capbreton mais tu te retrouves en rééduc avec Didier dans une ZAE.

… tu te dis qu’en fin de compte, ca pourrait être pire.

… tu ne penses qu’à recourir.