Adidas Runners Paris : La Team Elite.

4 Oct, 2016 | Récit

Auteurs / Guillaume Blot, Fx Gaudas
Photographe / Julien Calvez / Mathieu Genre /
Réalisateur : Emmanuel Zonzon
photo de couverture : Romain Bourven

Cet été, nous allons vous faire vivre les mêmes expériences que la team elite, au cours des semaines à venir vous découvrirez son origine, ses objectifs, ses résulats. Plus fort que les Ch’tis à Rio, plus rapide que JR Ewing, la saga AR_Paris est lancée.
Mais revenons au tout début :

Courses d’obstacles, en relais, color run, battle run… De nombreux nouveaux concepts de courses ont vu le jour ces 2 dernières années. Désormais, la course à pied (ou running) se vit autrement et se partage avec ses potes ou ses collègues de bureau.
C’est sur cette idée du ‘’courir à plusieurs’’ qu’est née la Boost Battle Run en 2014. Lancée par Adidas, cette compétition de running urbain entame sa 3ème saison et rassemble désormais plus de 2500 coureurs en moyenne chaque semaine à Paris. Un immense succès communautaire. Il y a deux ans, les participants étaient une dizaine tout au plus à se rassembler chaque semaine. Aujourd’hui, ils sont plus d’une centaine par team.
On n’a pas le même maillot, mais on a la même passion
Elles sont au nombre de 10 lors de la 1ère saison de cette compétition de running urbaine :
Les Abbesses , Bastille , Batignolles , Belleville , Bir-Hakeim , Jaurès , Odéon , Pigalle , République , Sentier
(cliquez sur les liens pour voir leur page fb)

Chacune possède son propre logo-animal (ours, loup, serpent, tigre…) dessiné par l’illustrateur et tatoueur Franck Pellegrino, et est géré par un ‘’leader’’ sélectionné par la marque allemande, ce sont des sportifs et des influents sociaux (photographe, chanteur, styliste, journaliste, avocat, community manager…) chacun s’occupant de son quartier.


La Boost Battle Run s’adresse à tous les coureurs parisiens.
L’inscription est gratuite (il suffit de venir au point de rdv) mais il vaut mieux avoir un compte Facebook pour accéder à toutes les informations sur les parcours, les horaires et lieux de rassemblement via la page de la team.
Les équipes courant le mardi ou le mercredi soir.
Chaque team propose aux participants plusieurs parcours et allures afin que les débutants comme les plus confirmés y trouvent leur compte.

On peut ainsi venir pour un 7km le long du canal de l’Ourcq avec la team République, ou un 15km dans le bois de Vincennes avec Bastille, ou un 10km à la Villette avec Jaurès. 
Puis rendez-vous au QG pour boire un coup !
Car oui, chose rare, les différents QG sont en fait… des bars !
ici, pas de casier ni de douche mais un placard pour stocker ses affaires. La soirée finit le plus souvent tard et permet aux membres de faire connaissance.
La compétition c’est bien, l’esprit d’équipe c’est encore mieux !

Comment se déroule la Boost Battle Run ?
Lors de la saison 1 (juin 2014-fevrier 2015), chaque mois les 10 équipes sont classées par visibilité sur les réseaux sociaux via leur #(exemple #boostsentier #boostodeon #boostbirhakeim..)
Les teams gagnent aussi des points en organisant des actions créatives, on a ainsi vu des équipes créer leur propre bière, faire un run en relais sur 24h, publier des montages Photoshop…


La finale de la saison 1 a eu lieu à la Grande Halle de la Villette. À l’intérieur, une piste d’athlétisme créée spécialement pour l’événement. 3000 spectateurs étaient présents ainsi que 2 ambassadeurs de la marque : Teddy Riner et Jo-Wilfried Tsonga.
C’est Bastille (en tête du classement toute l’année) qui remportera la première saison de la BBR, devant Sentier et Bir-Hakeim.

Suite à l’ampleur du succès, Adidas renouvèle alors l’opération pour une deuxième saison et change le nom de la compétition qui devient la Boost Energy League.

L’équipe des Champs-Élysées fait son apparition et la compétition se structure en championnat reprenant les codes de la Ligue 1 de foot avec des « journées » ou « battle ».
Sur 2 semaines il y avait 3 critères sur lesquelles se battre :

  • le nombre de participants au run hebdomadaire.
  • la présence sur les réseaux sociaux.
  • les actions créatives.

Il suffisait de gagner 2 des 3 points pour remporter la battle. (on est sympa à la rédac’, on vous a vachement simplifié le truc).
Le barème de points est le même qu’en football : 3 points pour la victoire, 1 pour le match nul et 0 pour la défaite. À la fin de la saison, l’équipe avec le plus de points l’emporte.

Et pour pimenter la compétition, Adidas (et son agence d’événementiel Ubi bene) ont également eu l’idée d’organiser des ‘multi-runs’.
Ils ont lieu tous les 3 mois. Ici on ne parle pas de courir longtemps, mais vite, avec des épreuves sur des distances de 400m à 1600m. 1 seul représentant par équipe ou en relai. Ces multi-runs se vivent place de la République, stade Charléty ou encore parc des Buttes-Chaumont.

A la fin de la saison 2, c’est Sentier qui l’emporte devant Bir-Hakeim et République au terme d’une année très serrée et d’une finale renversante dans les locaux de l’INSEP (l’Institut National du Sport de l’Expertise et de la Performance).

Pour la troisième saison, nouveau nom pour la compétition : Adidas Runners League. Nouveau logo, cohérence avec l’envergure européenne du projet. Le championnat lui reste sur la même structure.

(les leaders des 11 quartiers)

Mais surtout la création de la team ‘’élite’’: Adidas Runners Paris.
Cette première sélection d’athlètes représentera la marque aux trois bandes face aux autres équipes européennes. La Adidas Runners League se déroule en effet dans 10 villes différentes (Berlin, Londres, Milan, Prague, Stockholm, Munich, Copenhague, Hambourg, Zurich et Francfort).
AR_Paris rassemble 100 des meilleurs coureurs (moitié fille, moitié garçon, la parité ouech) issus des 11 équipes de quartier (certains font moins de 35 min au 10km, ça cavale sec !).

Ils participeront à 2 entrainements mensuels à l’INSEP (en plus de leurs entrainements hebdomadaires de quartier) entourés de coachs professionnels, qui les emmèneront à la course du Paris-Versailles de septembre. Autant dire que d’ici là ils vont en chier, et on va vous raconter comment.

Ces sportifs (non-professionnels on le rappelle, ils sont comme vous et moi, mais courent plus souvent et plus vite 🙂 ont tous eu rendez-vous dans les locaux de l’entreprise « Monstade » pour faire 2-3 tests.

Abordons le test que les athlètes de la team Élite Adidas ont tous passé au mois de juin dans les locaux de Monstade, complexe médico-sportif spécialisé et reconnu dans le 13ème arrondissement de Paris. Parmi les habitués du centre, les joueurs du PSG Handball et les rugbymen du Stade Français et du Racing.

Roland Krzentowski, ancien médecin de l’EDF d’athlétisme dans les années 70, est aujourd’hui le directeur de l’établissement et ne cache pas sa joie d’accueillir la team Elite d’Adidas Runners Paris : « Nous sommes ravis de cette collaboration avec Adidas. Le centre s’adresse aussi bien aux sportifs qu’aux gens malades qui cherchent à améliorer leur santé et c’est un plaisir que d’accompagner tous ces jeunes athlètes dans leurs objectifs à venir. »

Le test se déroule encadré par un médecin, Benjamin Laffourcade (aucun lien, fils unique) et un préparateur physique, Pierre Groleau. Il consiste à faire courir progressivement l’athlète de la marche rapide jusqu’à la vitesse maximale aérobie.

En français, cela veut dire lui faire cracher ses poumons en le faisant respirer dans un masque à oxygène qui le transforme en Dark Vador, et lui dire si son potentiel est plus proche du guépard ou de Doc’ Gynéco.

La vitesse maximum aérobie (VMA donc) est la vitesse de course atteinte par un athlète lorsque sa consommation maximale d’oxygène est atteinte (la VO2 max’).
La VMA s’exprime en km/heure, la VO2 max en ml/kg/min.

La VMA peut être située entre 8 (tati Danielle qui fait son jogging) et 24km/h (Usain Bolt qui fait son jogging) et dépend d’une part des facteurs génétiques, d’autre part du niveau d’entraînement de l’athlète.

Connaitre sa VMA et sa VO2 max’ est indispensable pour construire correctement ses entraînements. Ces valeurs sont également d’excellents indicateurs du potentiel actuel et futur de quelqu’un.

Certains athlètes de la team ont d’ailleurs bluffé les médecins par leurs résultats de VO2 max’, par exemple Amiade est à 84 et Chafik à 80.
Ces chiffres sont à mettre en comparaison avec la VO2 max’ moyenne d’un homme de 30 ans dans le monde (45-50 ml/kg/min) et celle d’athlètes de top niveau mondial qui est généralement située entre 80 et 90 comme les champions Christopher Froome (84) et Killian Jornet (87).

Globalement, tout le monde s’en est très bien sorti d’après le médecin : « Ils étaient tous hyper motivés et on a vu quelques monstres aussi. Il y a une belle densité dans ce groupe ! »
Le truc en plus par rapport à un test que vous feriez vous-même sur une piste de stade : la présence d’un préparateur physique, là pour vous encourager à ne rien lâcher et analyser les données de l’écran.

Certains et certaines ont malheureusement eu un peu de mal avec le concept de ne rien lâcher, au sens littéral du terme. Il y a eu quelques gamelles mémorables, dont celle de Clio :

«Je maîtrise le tapis GRAVE jusqu’à 14km/h. À 15km/h, je commence à avoir mal aux genoux mais je continue et là, au bout de 30s, c’est la catastrophe : je panique à cause du masque, je tente la « position de sécu », me rate et tombe entraînée par le tapis. Je finis avec la moitié des électrodes, du filet et de ma brassière coincés dessous…» 9/10 pour la note artistique.

Même mésaventure pour Garance, qui a pourtant l’habitude d’aller très vite (18,5km/h de VMA) : «Sur le dernier palier de vitesse, j’ai tout relâché et suis tombée du tapis en cognant le mur du fond. C’était la première fois que les mousses de protection servaient, alors Pierre et Benjamin voulaient avoir mon feedback sur l’amorti.»

Alexandre (record à 33min sur 10km) et sa VMA à 22km/h, assume totalement que pour beaucoup, ce test c’était « l’occasion de voir qui a la plus grosse… VMA ».
Ça tombe bien c’est lui qui a la plus grosse. Une quinzaine d’entre eux dépassent tout de même les 20km/h de VMA. La plus basse chez les garçons tourne vers 16.

Place à l’examen digne des meilleurs épisodes de Dr House, à savoir le scanner d’analyse de composition corporelle.
En des mots plus simples, il s’agit ici d’un truc futuriste qui donne :

  • Sa masse osseuse (sachez que le squelette ne pèse que 3kg)
  • Sa masse graisseuse (10% pour les champions, entre 15 et 20% pour les sportifs, et plus de 20% pour les fans de Sardou)
  • Sa masse musculaire sèche
  • Ses volumes d’eau intra et extra-cellulairesCharly.M rigole volontiers de sa masse graisseuse à 20% :
    « Je suis un des gras de la team mais ma VMA est loin d’être vilaine (19km/h). En plus je portais un magnifique marcel-résille pour le test, j’ai senti mon sex-appeal monter plus vite que les km/h! Et le plus gras c’est Gregory.F et ses 20,2% »
    Le petit Gregory se défend en prétextant que ses os sont poreux et du coup ça aide pas.
    Les deux potes ont d’ailleurs récemment fait le buzz en nageant dans la Seine lors des récentes inondations à Paris. L’élite on vous dit !

(en photo Greg le plus gras des élites homme)
Pour les mecs les plus secs, la masse graisseuse tourne autour de 12%, pour les filles de la team cela varie entre 15 et 27% les seins et les hanches faisant la différence avec la structure naturelle des garçons.

Les préparateurs physiques de Monstade font ensuite un compte rendu à chaque personne lui remettant un dossier qui présente les aptitudes maximales potentielles sur différentes distances, les vitesses à atteindre pour progresser et les points à explorer (taux de gras à transformer en muscle par exemple).

Fort de toutes ces données, la team Elite peut ensuite passer à l’étape suivante : la rencontre avec les 5 coachs et le redoutable Salah…

/// auteur : François-Xavier Gaudas///

Du bien-Aimé Jacquet au Monsieur-deux-prénoms-qui-s’est-fait-un-nom Philippe Lucas, l’entraîneur reste indissociable des belles performances de ses sportifs. Il fallait donc forcément une team de coachs à la hauteur des 100 coureurs de la Team Elite. Tour de présentation de ceux qui n’ont pas le même maillot, mais qui le mouillent quand même : les Coachs Experts.

Un lundi soir de juin, vers 19h. Tandis que certains ramassent encore de leur week-end, d’autres partent à la cueillette de chronos. À l’INSEP plus précisément. Accueillis par les portraits des grands champions passés par là avant eux, les cent runners sélectionnés pour faire partie de la Team Adidas Runners Paris passent tour à tour la grille de l’entrée. Un check au vigile – le seul videur qui te laisse passer avec des baskets – deux cents mètres à marcher – pour une fois – et la tribune principale avec ses cinq grandes lettres blanches se dressent devant leurs petits yeux fatigués par une journée de taf.

Puis c’est l’heure du changement tactique : comment se saper, quel pied recouvrir en premier, dézipper son jean, zipper son kway, enfiler son t-shirt Adidas, lacer ses Boosts, et toujours une gorgée d’eau minérale, le tout sous l’oeil bienveillant de Salah.

Salah, c’est Salah Ghaidi, le Head Coach de la Team Elite. Gabarit moyen, cheveux courts, mais palmarès d’entraîneur plutôt long lui, nourri aux performances de Jimmy Vicaut et Stuart Dutamby notamment dont il est le coach-adjoint avec le grand Guy Ontanon. Dix-huit ans qu’il connait l’INSEP, d’abord en tant qu’athlète de haut-niveau, puis ensuite avec la casquette de coach, et ce depuis sept ans maintenant. Il a en parallèle monté sa boite Les Coachs Experts et c’est à travers elle qu’il intervient afin de faire progresser les jolies foulées de la Team Elite. D’équipe, il en est aussi question côté entraîneurs : Salah s’est entouré de quatre coachs et de trois assistants pour les quatre mois de stage. À noter que tous les coachs ont été formés et sont d’anciens ou encore actuels athlètes de haut-niveau. Une diététicienne pour les convaincre d’arrêter le kebab de 2 heures du mat en sortie de Mauricette et le kiné officiel de la Fédé complètent également le dispositif.

Sa team de gars sûrs, il l’a montée avec amour et affinités. “Ludovic, par exemple, on est potes d’enfance”, confie-t-il. Ludovic, Farnabe de son nom, accueille le groupe préposé à la musculation ce jour-là. On le retrouve dans une ellipse spatio-temporelle menant des tribunes à la salle de fonte, en train de donner ses consignes. Cet ancien athlète originaire du 7.8 et passé par le club de Mantes-la-Jolie puis des Mureaux, en impose par ses muscles et son discours posé. Une montagne de sagesse quoi.

“Mon sport de prédilection, c’est l’athlé. J’ai d’abord passé mes diplômes dans ce domaine, ce n’est qu’après que je me suis un peu plus spécialisé dans la remise en forme” renseigne Ludo pour présenter son parcours. Oh wait: la muscu et ses relents protéinés serait-elle vraiment compatible avec l’image du runner élancé affiché sur les posters des magazines running ? “Oui, il faut juste adapter les exos à l’objectif désiré. Nos coureurs n’ont pas vraiment besoin de se bodybuilder, ils doivent garder leur poids de forme. C’est la prise de force qui va être recherchée à travers cet atelier, pour les aider dans leur pratique, en préservant notamment leurs articulations” rétorque Ludovic, balayant ainsi d’un puissant revers de main nos clichés congestionnés.

Pour le stage, Coach Salah a décidé d’axer la muscu sur son degré “remise en forme”, en privilégiant la bonne réalisation des mouvements. “La plupart des membres de la Team Elite découvre la muscu, ce ne sont pas des spécialistes, ils restent avant tout des coureurs. Je suis particulièrement concentré sur leur posture, leur manière de respirer et de prendre la charge. La technique est prioritaire, la fonte passe après” précise ainsi Ludo « abdo » Farnabe. Et ça s’entend dans ses consignes lorsqu’il passe entre les bancs des 10 ateliers : “on n’est pas là pour battre des records les gars, je veux un travail propre ; rapide sur la montée, moins vite sur la descente, voilà ; pour le squat tu peux mettre deux potes de chaque côté, tu bombes bien le torse, pieds parallèles ; attention, respecte le matos s’il te plait ». De la sagesse on vous dit.

À ses côtés dans le confort de la salle crème et rouge, deux assistants occupent l’espace. Bien dans ses baskets Adidas, Julien Sarton promène son sourire entre le “développé couché”, le “tirage vertical” ou encore le “rameur”, sur lesquels les coureurs tourneront par duo ou trio – voire plus si affinités – pendant une grosse heure. Il est le nappage CrossFit du dispositif – mélange d’haltérophilie, de gym et de fitness – et veille lui aussi au bon respect du programme qui verra les athlètes suer leurs pintes d’IPA du week-end pendant deux sessions au total. “C’est vraiment la puissance que l’on recherche, avec des séries de 8 à 2 répétitions, voire de 4 à 1, dans l’idée d’augmenter leur VMA. » Ouais, ici on compte à l’envers.

À une bonne centaine de mètres de la salle de sport, une autre petite unité rapide cavale sur la piste principale en faisant des ronds, à vitesse irrégulière. On y retrouve Salah et le Groupe 3 aujourd’hui. “Je leur fais travailler leur puissance niveau aérobie, en les poussant au-delà de leur capacité de VMA” explique-t-il.

Salah ne cesse d’encourager les coureurs, et les pousse à quitter le masque de la douleur que certains affichent au bord de la rupture. Un peu comme quand tu portes les cabas Monop jusqu’au 5ème étage sans ascenseur de ton 20m2 à Belleville. Il accompagne même les foulées de certains runners sur des dizaines de mètres, comme si courir venait subitement à le démanger. À moins que ce soit ses vêtements qui le grattent : “je pense que la tenue idéale pour courir reste nu, comme dans la Grèce Antique” plaisante-t-il avant d’enchaîner sur le matos Adidas : “ils font des chaussures vraiment quali. Idem pour les shorts et le t-shirt ou débardeur, ils sont bien respirants.”

D’autres respirent forts non loin de là, du côté du Lac des Minimes, coincé entre l’Avenue du Tremblay et l’Avenue de Nogent. Le Groupe 4 est totalement éparpillé autour de l’eau, et suis la cadence imposée par le sifflet de François Guérin, le Coach préposé au Fartlek. “Je ne suis même pas sûr de l’orthographe, tu iras voir sur Google” s’amuse-t-il, avant de décrire cet exercice : “bah en fait je les fais travailler à une VMA de 80%, et leur demande à certains moments d’accélérer à 100%. L’atelier est Intéressant au niveau du coeur, tu vas chercher en plein milieu de ta course des seuils inhabituels avant de revenir à un effort plus modéré. C’est à peu près du non-stop pendant quarante-cinq minutes. Les pauses ne durent que deux minutes et je les pousse même à trottiner”.

Quelle compétence particulière a-t-il bien pu pousser Salah à caler François sur cet exo ? “Je suis né dans le coin, je crois que je suis celui qui connaît le mieux le Lac”, se marre-t-il. Ce n’est heureusement pas sa seule particularité : “j’étais sportif en sprint à l’INSEP auparavant, avant d’être le guide de Trésor Makunda, athlète non-voyant plusieurs fois médaillé aux Jeux Paralympiques. Cette expérience a été une forme de transition entre ma pratique d’athlète et celle de coach”. Une fonction qui lui fait littéralement prendre son pied : “j’adore ça. Tu transmets ce que tu as appris avec tes expériences passées, et tu as à côté de toi des gens motivés, des gens qui veulent apprendre. Ça m’aère aussi la tête, ça change du boulot”.

Sur le chemin du retour à la piste, on croise le plus jeune de la bande : Stéphane “Y A T O”, “comme en japonais” épelle-t-il dans un grand sourire. Ce toujours sportif de 23 ans, double champion de France Élite aux 400 mètres haies – et récent champion d’Israël sur la distance – s’occupe lui du dernier atelier, les Côtes. “Là c’est de la grosse puissance, un peu le transfert entre la musculation et la piste, on leur fait travailler les appuis. Quand tu montes, c’est le sol qui vient à toi, donc tu te sers plus des quadris, c’est une autre façon de courir “ décrypte ainsi Salah. Stéphane les emmène non loin du stade pour “bouffer” des montées, et “je peux te dire que les côtes c’est pas pour les biatches !” rigole-t-il avant de révéler ses petites phrases d’entrainement à lui et ses potes de l’Équipe de France : “on est tous fans de B2O, on lâche souvent des “9 2 Easy”.

Easy ce taf de coach ? “J’ai vraiment pas l’impression que ce soit un travail. Quand je vois les gens se donner, ou quand je cours, je ne vois aucune différence, je ressens la même sensation de plaisir” confesse Stéphane, avant de poursuivre : “on se fie à Salah, c’est mon coach aussi, j’ai beaucoup appris de lui”. Jusqu’à l’ériger en icône ? “C’est un coach super inspirant, lui et Loïc Clément, mon premier vrai entraineur en junior, sont pour moi deux modèles. Ils se connaissent d’ailleurs, et sont presque les mêmes, des coachs un peu foufou” balance-t-il avec un sourire aussi large qu’un emoji. Et côté athlètes ? “J’avais quelques références avant, mais ils sont tous dopés maintenant. Parmi les cleans, j’ai beaucoup de respect pour Ladji Doucouré : malgré ses performances, il est toujours resté humble, le même de A à Z”. Ladji si tu nous lis.

Le soleil manifeste des envies d’aller se pieuter après une heure et demie d’efforts pour certains. Les quatre groupes migrent de nouveau vers la tribune principale pour une dernière communion autour de leurs coachs, et une belle descente collective de demies d’eau, avant de repartir changés vers la grille. Qu’il semble long pour les mollets crevés ce trajet retour jusqu’au bus RATP, sorte d’analogie peut-être des 16K Paris-Versailles, véritable point d’orgue de la préparation. Les têtes, elles, sont plus légères, et devront le rester. “Pour les 16 kilomètres, j’encourage à pas penser, juste courir, et surtout prendre du plaisir, se laisser distraire par le monde autour de soi” encourage sincèrement Stéphane, comme un dernier shot de conseil pour la route. Le seul qui ne laisse pas une gueule de bois le mardi matin.


/// auteur : Guillaume Blot @heyguillaume
Photos : Matthieu Genre & Emmanuel Zonzon ///

Ils se retrouvent aussi serrés que des manchons dans le 112 à Château de Vincennes, espèrent à voix basse ne pas avoir oublié leur short à l’appart, croisent les doigts pour que Salah ne les envoie pas sur la piste à faire du fractionné ce soir-là. Surtout, ils en prennent plein les pattes pendant 1h30. Mais ils aiment ça, et leur revanche, ils la tiennent en trois syllabes : « en-dor-phines ma gueule ! ». Ils, ce sont les 100 runners de la Team Elite.
111 plus précisément, histoire de bien pourrir l’idée de statistiques faciles et de parité parfaite (62 mecs et 49 nanas). Jan, de chez Adidas, déroule la liste : « alors tu en as :
* 15 de Sentier
 * 12 des Champs-Élysées
 * 10 des Abbesses et de Répu
 * 9 de Bir-Hakeim et de Batignolles, 
 * 8 de Jaurès, d’Odéon, de Bastille et de Belleville
 * 7 de Pigalle
 * avec 5 vendeurs 
 * et 2 blogueuses ».

Les 11 teams parisiennes sont donc toutes représentées dans la team globale. « La contrainte d’une seule journée de sélection a empêché certains rapides de pouvoir s’y présenter – à Pigalle notamment – ce qui peut expliquer les différences de nombre entre les équipes » fait-on savoir du côte de l’orga.

Comment ont-ils justement vécu cette journée d’écrémage à laquelle 440 runners se sont présentés ? Mikael de Batignolles (ça ferait un super nom à particule) prend la parole : « J’ai été convoqué à l’INSEP pour la session du matin. On n’a appris la distance de 2 000m qu’une semaine avant l’épreuve. J’avais pour objectif de boucler ma course en 6’45. Je suis parti plutôt vite, avec une base de 6’30, et j’ai finalement réussi à accélérer sur la fin pour la terminer en 6’20. J’ai fini 4ème de ma série, qui était donc relativement relevée ». Flora, de la même team, a elle couru toute la matinée contre le chrono : « je suis arrivée à la bourre pour ma session. J’ai pris le départ de mon 1 000m à côté des mecs, totalement essoufflée. Après j’ai tout pété ! ». (La) Reine de Belleville, garde elle, un souvenir assez 3 fromages : « lors de la journée des qualifs, les candidats de ma team qui étaient passés le matin se sont fait livrer des pizzas devant l’INSEP. Après mon passage sur le 1 000, ils m’ont tendu une part. C’était vraiment particulier ! ». C’est certainement aussi ce que se serait dit la nutritionniste du groupe si elle l’avait chopée les doigts pleins de pili-pili.

Un entretien de motivation plus tard – lié à leur influence, leur assiduité and co – et une petite centaine de coureurs se voyait prévenir de leur intégration dans la Team Elite Adidas Runners Paris. Et une première convocation le 13 juin, premier des nombreux lundis soirs de pintes entre potes sabordés. « Je me souviens de cette session » entame Garance, la véloce de République, « je crois qu’on était tous très curieux de voir ce qui allait se passer. Résultat : une centaine de coureurs en tenue noire et blanche, 200 bananes, autant de bouteilles d’eau, 4 coachs et 1 très bonne ambiance ! » résume-t-elle avec des chiffres et des lettres certes, mais sans l’aide de Laurent Romejko.

« L’ambiance », « le groupe », « la famille » : nombreux sont ceux qui mettent en avant ces mots fraternels pour expliquer leur motivation à courir en meute. « Le run est pour moi un sport individuel où tu ne peux progresser qu’avec un collectif » lance ainsi Nadim, de Sentier. Garance prend sa foulée : « la course à pied apparaît au premier abord comme un sport solitaire alors qu’en fait elle est fédératrice comme pas possible. C’est un catalyseur social incroyable : c’est grâce à elle que je suis partie en Inde et que j’ai vécu mes expériences de vie les plus fortes ».

Retour à l’INSEP. Salah et sa team répartit la cavalerie en quatre groupes de niveaux, de 25 à 30 coureurs, pour que chacun file ensuite à l’atelier qui lui est réservé pour la soirée. Si on a vu dans l’article précédent la présentation de la piste, du fartlek, des côtes et de la muscu à travers les lunettes techniques des coachs, voyons maintenant comment les runners perçoivent avec leurs petits yeux ces exos infernaux. Et évaluer ainsi leur degré de myopie.

Marguerite (Sentier) – qui se définit comme “l’une des plus lentes” – s’élance logiquement la première sur la piste : « c’est beaucoup d’appréhension avant, l’impression que l’on ne va jamais y arriver et qu’un tour fait trois kilomètres ». Mais, mot magique, ce sont « des endorphines par kilos après ». Quand grossir fait du bien. Erwan, qui porte les couleurs de Pigalle, la rejoint rapido : « la piste, c’est ce qu’il y a de pire. C’est une séance rapide, où tu es dans le rouge tout le temps. La lactique arrive très vite, mais ce sont mes séances préférées », balance-t-il. Chafik, de Jaurès, l’aime, mais pas trop longue : « j’apprécie particulièrement le fractionné court, quand ça n’excède pas 1 000m ». 1 000, c’était avec le 2 000 les distances de prédilection d’Aline (Abesses) lorsqu’elle courait avec son club du Jura : “je suis plutôt piste moi. Après la course à pied globalement me pousse à me surpasser, fait bosser mon mental. J’ai le temps en plus, je suis fonctionnaire”. Nadim – dit “le routard” – nous guide également sur une piste cérébral : « ça passe par tout un tas de questionnements pendant la séance : rester à la corde ? Prendre le lead ou s’accrocher au coureur devant ? Relancer alors que je suis déjà dans le rouge ? ». Te pose pas trop de questions Nadim, cours 😉

On traverse le bitume pour se retrouver autour du Lac des Minimes, avec ceux que le fartlek ne laisse pas indifférent. Chams (Batignolles) et son crâne rasé aérodynamique ouvrent la route : « c’est le pire physiquement, mais le meilleur pour le mental » dans un remake verbal de L’Amour et la Violence. Alexandre-le-grand-de-Répu, évoque aussi le cerveau : « tu as moins la pression psychologique du temps que sur les séances de piste. C’est mon atelier préféré. On court dans le Bois de Vincennes, en groupe, avec les copains, c’est top ! ». Erwan suit son camarade sur le côté « nature » : « cette séance me sert pas mal en trail, aussi parce que les variations de rythme sont continues ». Ascenseur émotionnel.

Vous voulez bouffer de la côte ? « Ouiii » crierait presque la grande Aurélie de Batignolles, affamée à l’idée de faire de la grimpette collective : « il y a un véritable effet de groupe d’abord, qui me pousse bien pendant l’effort. Les gens tapent dans les mains aussi, ça aide. Le cadre est chouette, dans les sous-bois, on s’y sent bien ». « Ca me fait penser un peu au début de la rue Lepic » enchaine Meï, des Batignolles toujours, qui n’avait pas prévu que ça déboucherait sur un mini-débat avec Chams : « hum ah non, pas d’accord avec toi sur le dénivelé ». L’histoire ne dit pas s’ils ont ensuite réglé ça à la muscu.

Côté muscles justement, certains poussent en avant leur désamour pour la fonte : « Personnellement, je déteste ça. Certes, c’est indispensable d’être gainé et musclé pour la course à pied, mais c’est la partie la plus ennuyeuse de la prépa selon moi » témoigne non-anonymement Erwan. Pour Jouanito, l’homme-sandwich de Sentier, la salle ressemblerait presque à une classe de LV2 : « la musculation est clairement mon point d’amélioration. Le gainage et les abdos sont une langue étrangère pour moi. Mais je crois que je suis prêt à devenir bilingue ».  Cette bienveillance, Anne-Marie des Abbesses l’a également envers la musculation et elle-même : « ma première séance de renfo est tombée à pic : j’étais en reprise après une blessure au genou droit, elle m’a permis de bien protéger mes articulations pour les efforts qui arrivaient ». Bien vu !

Si les ressentis sur les quatre ateliers divergent donc entre les coureurs, tous s’accordent sur leurs bénéfices : « en tant qu’amateurs, on est dans une démarche de recherche de performances, et avoir ces ateliers et ces conseils d’experts est tout simplement génial » se réjouit Alex de Répu, avant de terminer en roue libre : « parce qu’okay, même si on est un peu des bobo-branleurs qui buvons de la bière, on a des résultats pas trop dégueux à la base. On a plusieurs mecs à moins de 4min sur 1500m, 33min sur 10 ou 2h30/2h40 sur marathon ici. Tu ne peux pas faire ça qu’en buvant. On sue, on se donne, on se lève le dimanche matin pour aller vomir en faisant des côtes ». Et le lundi soir aussi désormais.


/// auteur : Guillaume Blot @heyguillaume
Photos : Matthieu Genre / Vidéos : Emmanuel Zonzon ///

Running Heroes est heureux de vous offrir vos premières cartes de runners à collectionner. Avec en prime pour chacune une interview exclusive au sujet de leurs passions parfois restées cachées.

Leader de la Team Sentier, le Versaillais Alexandre Jouanne de son vrai nom court également derrière les bons burgers bien fatos. Et si sa vraie performance était de rester aussi longiligne ?

Avant d’attaquer l’estomac, parle-nous de tes jambes et de leurs résultats. J’ai participé à 4 courses de 10km juste avant l’été. Je reviens d’une tendinite du genou qui m’a handicapé en début d’année. Je suis plutôt content de mon retour. J’ai récemment battu mon record sur 10km en 40’09. Prochaine étape pour moi : descendre sous la barre symbolique des 40 minutes.

Sur ta bio Twitter, tu indiques donc “Running since forever & eating burgers everyday”. Raconte-nous, en un peu plus de 140 caractères, cette #PassionBurger. J’ai dû tester une bonne majorité des restaurants de burgers à Paris. Tout est une question d’équilibre. Si tu fais beaucoup de sport, tu peux manger des burgers tous les jours. Mais toujours des bons burgers, dans des restos indépendants et cool. Je ne mange presque jamais de Big Mac. Et très peu de fast food.

Ça serait quoi selon toi la recette ultime du Runner Burger ? Un peu de gras, mais pas trop. Surtout des bons ingrédients. Un bun classique (qui vient de chez le boulanger, pas du supermarché), un filet de poulet pour les protéines, quelques tranches d’avocat, de la roquette pour la verdure, un fromage léger, et un oeuf à la poêle pour finir en beauté ce plat de sportif. C’est bon avant une course, mais c’est encore meilleur après une course. Le réconfort après l’effort.

Les pâtes et les pattes pourraient facilement résumer la vie de Laura di Lodovico, tant ses origines italiennes et sa vitesse (37’29 sur 10K) parlent pour elle. On s’est quand même arrêtés pour tchatcher, notamment de son job de psychiatre.
Laura, question lambda mais nécessaire : aimes-tu la course à pied ?
Oh oui je l’aime, au point que j’ai pleuré à la fois de joie et de déception pour elle. J’ai pu rencontreré pleins de gens grâce au running. Sa pratique m’ouvre à un espèce “d’autre monde ».

Deep. Tu es donc psychiatre dans un des hôpitaux de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, comment ton métier t’aide-t-il pour courir ?
C’est vrai : on court avec le corps et la tête. Et les sensations passent par cette dernière. J’ai eu besoin de ma tête surtout pendant les semi-marathons, là où il faut être concentré sur des sensations positives et ne pas trop écouter sa fatigue. Sinon, c’est le mindfulness qui est très adapté : se concentrer sur l’ici et maintenant qui permet de faire un focus sur soi-même, là où il faut faire appel à toutes ses ressources pour dépasser ses limites, qui restent – heureusement – inconnues par définition. J’aime aussi me mettre dans ce qu’on appelle le Runner’s High : un état d’ébriété qui arrive en fin de course, produit par des substances neurochimiques produites par notre corps, une espèce d’ivresse endogène.

Autre question mentale : as-tu un rituel particulier avant tes courses ? Oui oui ! Avant chaque compétition, je fais tout un tas de gammes bizarres pour la souplesse et le renforcement des pieds. Mais vu de l’extérieur, ça ressemble plutôt à un rituel satanique ou à une imitation maladroite d’un pingouin !

Vivre/courir à Pigalle n’est pas easy, Erwan Elies le reconnaît volontiers quand il admet que son “hygiène de vie est en complète opposition avec la pratique de la course à pied”. Mais comment fait-il ?

Tout d’abord, qu’est-ce qui t’a encouragé à passer les sélections pour faire partie de la Team Elite ? Et bien figure-toi que j’avais une soirée la veille (et une bien belle en plus !) et que ça me faisait un beau défi à relever, façon Beer Mile. Plus sérieusement, je suis un peu compétiteur et quand il y a des sélections, j’aime bien y participer. Sur 2km, je me disais que ça pouvait peut-être passer.

Ton rituel d’avant-course à toi, ce serait quoi ? D’abord la jambe gauche, toujours, chaussette, chaussure, puis la jambe droite.. Et une gorgée de bière, toujours.

Solide. La réponse que tout le monde attend maintenant, comment fais-tu pour allier soirées et course à pied ? En fait, je n’ai pas vraiment le choix, j’aime trop les deux. Je ne refuse jamais un petit godet avec les copains, mais en même temps si je ne veux pas ressembler à un loukoum, je dois me faire violence. Ça pique au début, mais il n’y a rien de mieux contre la gueule de bois ! Et vu ce que je bois, en deux semaines, je suis ficelé comme un rôti si je ne m’active pas.

Originaire de La-Queue-en-Brie, “un bled paumé dans le 94” selon ses dires, Nadim Bellallahom semble prendre plaisir à se perdre, sur la route notamment avec son asso d’autostop. Pour mieux se retrouver ?

Nadim, tu cours pour Sentier et en même temps il parait que tu n’aimes pas suivre les chemins tout tracés. Explique-nous ce paradoxe. Quand j’ai envie de casser ma routine, de partir à l’aventure, je rejoins mon asso d’autostop Stop&Go Sciences Po pour un trip plus ou moins long. En vrai, c’est juste un moyen de faire des kilomètres sans se fatiguer !

Quel lien ferais-tu avec la course à pied ? Je crois que c’est le moment de caler une anecdote. Avec des amies, on a fait un voyage autostop et couchsurfing à Hawaï. Là-bas, on y a rencontré Hannah Roberts, une femme assez incroyable qui faisait des ultra-marathons et qui nous raconté sa traversée de l’Arizona à vélo puis en course à pied, avec un super passage où elle a dû boire son urine par manque d’eau. Par la suite, on a trouvé son TEDX sur le syndrome de la dépression des ultra-marathoniens. Hannah a clairement été la rencontre la plus marquante/inspirante de ce voyage ! Que ce soit à travers sa persévérance, sa régularité dans l’entraînement, que sa passion folle qui l’a poussée à se lancer dans des défis qui repoussent les limites de notre condition.

Son expérience t’a aidé dans une course récente ? Peut-être à l’Oxy’trail. Au programme : 22km avec un peu de dénivelé. L’enchaînement des buttes a rendu la course interminable. Au passage, l’orga a décidé le jour J de rallonger le parcours de 2-3km, autant dire qu’on n’en voyait plus la fin. Dernière côtes, les supporters nous encouragent mais les jambes ne veulent plus trop avancer. C’est le moment de déconnecter, baisser la tête, et laisser les pieds marteler frénétiquement le sentier, en serrant les dents jusqu’à ce que ce soit la ligne d’arrivée.

 

Il y avait Pascal Gentil. Mais on a trouvé encore plus mignon comme championne de Taekwondo : Augustine Jouenne d’Odéon.

Augustine, raconte-nous d’abord ta dernière expérience de course. C’était le marathon de Madrid. Mon premier marathon, dans une ville qui représente beaucoup pour moi d’un point de vue affectif, j’y ai vécu 2 ans dans le cadre de mes études. Je l’ai fait en solo mais j’ai adoré, il faisait un temps magnifique c’était magique. Néanmoins pas aussi émouvant que ma ceinture noire !

Comment combines-tu taekwondo et running justement ? En taekwondo je fais beaucoup de renfo, je travaille la puissance musculaire et l’explosivité, ce qui peut manquer au running. Tandis que le running me permet de bien taffer mon cardio, ce qui est très bien pour le taekwondo !

T’es souvent à la bagarre du coup avec les autres concurrentes ? Haha non, même si mon truc à moi c’est la fight, je ne frappe pas mes concurrentes de course !

 

Teutonne et tétons : l’allemande Britta Uschkamp de la Team Abbesses possède sa propre marque de sous-vêtements. Et c’est naturellement qu’elle a quelques conseils pour vous les filles.
Britta, on n’ira pas par quatre chemins : comment bien choisir son soutif de run ? Et bien ça dépend de la distance de la course, de son physique, de sa sensibilité mais aussi de sa peau. À partir du bonnet B, Il faut faire un bon fitting, essayer plusieurs tailles, bouger, sauter dans la cabine d’essayage, et regarder s’il n’y a pas des finitions qui pourraient gratter la peau. Il ne faut pas hésiter à aller en boutique spécialisée, avec une pote si possible.

Niveau technicité, t’en dis quoi ? Disons que les brassières sont agréables, mais rarement réglables au niveau du dos et des bretelles. Ca peut gêner quand on veut se changer, le dos s’enroule souvent et cela peut devenir assez acrobatique de le mettre en place. En revanche, concernant les soutiens-gorges avec ouverture, il faut bien faire attention aux frottements au niveau de la fermeture du dos. Généralement, le mieux est quand le soutif a un soutien maximal, que sa matière diffuse bien la transpiration et que la peau respire bien. Les matières assez fines mais fortes sont bien. Il y a plein de matières intelligentes qui sont géniales, celles avec des micro-perforations en tête.

Des tips bonus ? Ouais, je recommande de mettre beaucoup de crème anti-frottement, type Akileïne, à tous les endroits sensibles. Voire un pansement préventif. Ah et aussi, faire un update régulier de ses soutiens-gorges de running me parait primordial. À la fin de mon dernier entrainement marathon, j’avais perso perdu une taille de bonnet.

À presque 40 ans, le team leader de Jaurès Romain Bourven a toujours ses jambes de 20 ans. Et une passion intacte pour le graf. À l’ancienne fiston !
Quels sont tes objectifs quand tu cours derrière le temps ? Toujours faire un meilleur chrono que sur la course d’avant ! À force de travail et de discipline, ça marche ! Là je viens de battre mon RP lors des 10K de l’Hexagone, une course assez technique à Auteuil.

Que peut-on te souhaiter avant tes 40 piges ? Et bien écoute, à bientôt 39 ans, je me sens plus en forme qu’à 20 piges ! J’ai terminé mon premier marathon cette année en 3h23, je vais essayer de passer sous 3h20 pour le prochain. Et sur 10K, je suis passé de 47 à 41 minutes en 2 ans. J’aimerai vraiment passer sous 40 l’année de mes 40 ans !

Laisses-tu un graf à chaque fois que tu cours ? Peindre après un run c’est le mieux, t’as l’esprit zen, les gestes sont plus fluides. J’écris des grosses lettres sur les murs surtout quand j’ai le temps, c’est-à-dire pas en ce moment malheureusement. J’adore les formes et les couleurs, je crois que c’est vraiment mon truc pour la vie ça. Quand je peins ça me vide et ça me recharge en même temps, c’est une sensation super agréable. Comme en photo, en course ou dans tout ce que je fais, je ne suis jamais vraiment satisfait du résultat. Mais je crois que c’est tant mieux, c’est ce qui me fait y retourner.

Rodger “BlackWolf Hye” des Abbesses le reconnaît bien volontiers : il n’aime pas courir et adore sortir la nuit. Ca valait le coup de creuser tout ça.

Rodger, petit topo sur tes précédentes courses ? Ca va être rapide, je n’en ai fait que quatre courses officielles ! La première a été un 02h03m14s au Semi de Paris 2015. Plutôt correct comme temps pour six mois seulement de running dans les pattes. J’ai enchainé sur la Monaco Run 2016, avec un 02h42m57s pour les 23.8km. Crampes et points de côté : j’ai payé cash mon manque de préparation là ! Puis les 10km de L’Équipe avec un 50m09s. Je suis un peu déçu du chrono, j’avais un peu trop fait la fête la veille. Mais ça faut pas le dire haha. Et la dernière le 10K Adidas à Berlin, où là en revanche je fais mon RP avec un 45’03 \ O /

Justement, comment arrives-tu à marier biture et bitume ? Je n’ai pas vraiment de secret, il faut juste avoir le bon rapport entre running et vie nocturne. Bref après comme je le dis toujours, avant d’être un runner fou, je suis tout d’abord un bon vivant donc il faut juste que l’un ne m’empêche pas de faire l’autre. Même si je me réveille avec le pire des hangovers le dimanche matin, je serais toujours présent à 18h pour la CDD : la session des Coureurs Du Dimanche.

Une confidence pour terminer ? Oui, je n’aime pas courir ! C’est le fait de me retrouver avec ma petite Team des Abbesses qui me fait plaisir !

Aussi rapide sous l’eau que sur bitume, la Bretonne des Abbesses Aurélie Marin (lol) nous parle grosses cuisses et petits ploufs.
Aurélie, on nous souffle que tu as nagé au niveau national dans un passé pas si lointain. Yes, j’ai fait de la natation de mes 6 à mes 18 ans. J’ai effectivement nagé au niveau national. De très bons souvenirs sauf qu’à un moment donné, j’en ai eu un peu marre des épaules carrées, des biceps presque aussi gros que mes cuisses et des cuisses justement considérées comme “les plus grosses d’Europe”, dixit mes potes. J’ai alors préféré arrêter, et me mettre, à 25 ans, à la course à pied.

Attends mais ça fait 7 ans sans sport ça ! Ouais, une belle trêve. Mais sache que faire la fête jusqu’au petit matin, c’est aussi un sacré sport ! Là je cumule quelques ploufs une fois par semaine, et le running. Je préfère désormais avancer et être plus rapide sur terre. Je songe même sérieusement au triathlon. Après tout, j’ai même eu une bicyclette à mon anniversaire.

Revenons à tes baskets, raconte-nous ta dernière expérience de course. C’était le 10K du Château de Vincennes. Je le termine en 41’52, je n’arrive toujours pas à réaliser ma performance. J’ai eu un super lièvre qui m’a fait le coup du « il reste 300m, donne tout ! ». Évidemment, myope je ne voyais pas l’arrivée, alors j’ai foncé alors qu’il restait en réalité 700m ! Il a eu de la chance, j’étais tellement à bout que je n’avais plus d’énergie pour l’engueuler !

Alexandre Giraud de la Team Répu a grandi à Poitiers, près du Futuroscope. Normal qu’il soit devenu une vraie fusée !
On a cru lire que tu étais devenu vice-champion de France du 1500m, bravo ! Ile-de-France ! Ne pas oublier le “Ile” devant haha. Ca reste un bon niveau quand même je trouve, il y avait des mecs vraiment costauds ! Après si les gens pensent que je suis vice-champion de France, je prends. c’est bon pour mon égo et pour les filles 😉

Belle perf quand même ! Oui, je fais 3’58 en finale, donc un peu moins de 2’40 au kilomètre soit 23km/h! Pour une première saison de piste, je suis satisfait. Surtout que pour passer au cap au dessus (gagner 10 secondes et être dans les 30 meilleurs français), cela nécessite un vrai investissement supplémentaire. Ces mecs là doivent s’entraîner 7 à 8 fois par semaine.

Que comptes-tu faire alors ? Sachant que je travaille dans un cabinet d’audit et de conseil, ce n’est pas évident à gérer tous les jours pour l’instant. Mais après 3 ans dans le milieu, je me dis que changer d’entreprise et m’entrainer un peu plus pourrait être intéressant.

Après 5 mois de préparation dans la reine INSEP, la Team Elite Adidas Runners Paris a enfin pu se frotter à son défi « royal » : les 16km de Paris – Versailles. Qui aura bien digéré la piste et les côtes avalées les lundis soirs avec les Coachs Experts ? Réponse dans ce dernier épisode de la sage AR_Paris.

Si pour beaucoup le mot « stage » renvoie à six mois à se faire payer un tiers de smic pour siphonner des demis rue des Petites Écuries, ce fût une autre paire de manchons pour la centaine de galopeurs de la Team Élite Adidas. Sprinter sur un tapis avec un masque de Dark Vador sur la gueule (épisode 1), tracer autour d’un lac poursuivi par un vélo presque-Vélib (épisode 2) ou encore réapprendre à faire ses lacets, il faut avouer que les missions des Laura, Jouanito, Britta (épisode 3) and co étaient quand même beaucoup plus excitantes. Surtout quand le rapport de stage pour évaluer le chemin parcouru s’appelle « Paris-Versailles ».

Cette course classée « RER C » n’encourage pourtant pas à rouler des mécaniques. Déjà 40 ans – et 39 éditions – qu’elle donne des vertiges à ceux qui essayent de lui monter dessus, elle et sa Côte des Gardes. 2,3km de grimpette à mi-parcours pour un passage à 7% peuvent en effet ressembler à une définition de la torture en basket.

À défaut d’entrée dans le dico cette année, la Côte a au moins le droit à son compte Twitter : @CoteDesGardes. Le léger faux plat sur la large avenue de Paris des deux derniers kilomètres peuvent également avoir un FAV. 25 000 coureurs avaient donc prévu dimanche 25 septembre de régler leurs comptes aux 16 bornes de la course, et pourquoi pas de battre les records du Marocain El Hachimi (46’04 en 2009) et de la Marocaine El Moukim (52’25 en 2014). Parmi eux nos athlètes à bandes, désireux de terminer leur aventure sur une bonne note.

« Je marche seule, dans les rues qui se donnent »

c’est Rodger, enfin je crois.

Photos de profil

On se donne RDV Place Joffre dans le 7ème (Face à l’école Militaire) à 7h30 » : l’orga mène à la baguette le rassemblement en ce dimanche 25 septembre. L’arrêt de la ligne 8 à proximité voit défiler tout un régiment de runners ensommeillés. Pas de clairon autour du camion-repère, mais des aboiements de gros chiens qui haranguent à leur manière les sportifs. Des checks à droite – à gauche, l’odeur de l’Arnica qui imprègne les mollets de Lilou des Champs-Élysées, les miettes des muffins sports de Flora (Bir-Hakeim), les mots « tartines de beurre de cacahuète » dans la bouche de Marie (Sentier), « 2 œufs, un avocat et un pamplemousse » dans celle de Chantal Goyave, le moment est propice à la confidence.

« 2 œufs, un avocat et un pamplemousse »

et toi t’as dormi ?

Combien d’éclairs au chocolat pour toi Stephen ?


Tous espèrent en tout cas avoir l’estomac solide pendant la course, Rodger-la-night (Abbesses) en tête : « je ne veux pas gerber à la fin, pas de pression pour mon Paris – Versailles, je vais le tenter en 1h22 ». Stephen, team leader de Répu, embraye et choisit une métaphore pâtissière: « je la sens comme un éclair au chocolat cette course, notamment la Côte des Gardes. Je vais l’avaler, tout en sachant qu’elle va bien me gaver ». Cette montée ne fait pas (trop) peur à Panchika des Batignolles : « je suis plus trail, j’ai grandi à La Réunion, alors ce genre de côte, j’y suis habituée. Je vais tenter de terminer en 1h15 ! ». Le petit Grégory (Répu) la joue une nouvelle fois victime, de l’inconnu cette fois-ci : « je n’ai jamais fait de course avec une telle grimpée, difficile de faire une prévision. J’espère juste ne pas arriver le dernier des mecs ». Loin des temps boulets, Garance elle vise un chrono canon : « 1h02 ! J’avais fait 1h06 l’an dernier pour ma première édition et je suis bien plus entraînée qu’à la même époque, où je revenais d’Inde. Je compte partir vite, comme si je m’élançais sur un 10 bornes; puis tenir autant que je peux dans la côte et ensuite dérouler en descente. Pour l’arrivée en faux plat, je ne prévois rien, je serai en train de serrer les dents depuis le 13ème kilomètre… C’est la proximité de l’arrivée et la perspective du brunch qui me donneront le coup de fouet nécessaire ! ». La bouffe, véritable moteur du runner.

« Regarde comme je fais bien l’avion ! »

Ahah chu super réveillé

Aurélie semble avoir bien digéré


Tous espèrent en tout cas avoir l’estomac solide pendant la course, Rodger-la-night (Abbesses) en tête : « je ne veux pas gerber à la fin, pas de pression pour mon Paris – Versailles, je vais le tenter en 1h22 ». Stephen, team leader de Répu, embraye et choisit une métaphore pâtissière: « je la sens comme un éclair au chocolat cette course, notamment la Côte des Gardes. Je vais l’avaler, tout en sachant qu’elle va bien me gaver ». Cette montée ne fait pas (trop) peur à Panchika des Batignolles : « je suis plus trail, j’ai grandi à La Réunion, alors ce genre de côte, j’y suis habituée. Je vais tenter de terminer en 1h15 ! ». Le petit Grégory (Répu) la joue une nouvelle fois victime, de l’inconnu cette fois-ci : « je n’ai jamais fait de course avec une telle grimpée, difficile de faire une prévision. J’espère juste ne pas arriver le dernier des mecs ». Loin des temps boulets, Garance elle vise un chrono canon : « 1h02 ! J’avais fait 1h06 l’an dernier pour ma première édition et je suis bien plus entraînée qu’à la même époque, où je revenais d’Inde. Je compte partir vite, comme si je m’élançais sur un 10 bornes; puis tenir autant que je peux dans la côte et ensuite dérouler en descente. Pour l’arrivée en faux plat, je ne prévois rien, je serai en train de serrer les dents depuis le 13ème kilomètre… C’est la proximité de l’arrivée et la perspective du brunch qui me donneront le coup de fouet nécessaire ! ». La bouffe, véritable moteur du runner.

De tous le Pacers

Qui a la plus grande ?

C’est Stéphane !


8h15, sonne l’heure de se bouger tous devant la statue du Maréchal Joffre, qui lui clairement reste de bronze. Bizarrement personne ne réclame de couler le sien, chacun ayant pris ses dispositions avant leur date de sportif. D’un côté les pacers, s’étalant de 58’ à 1h25, soit un toutes les 3 minutes, de l’autre les runners impatients de se coupler.

Puis vient le temps de se rapprocher de la Tour Eiffel et de commencer l’échauffement. Les premières toxines – ces déchets corporels – commencent à couler dans les sacs poubelles qui leur servent de veste. Hum. Le sas leur est ouvert. Ca trépigne à l’intérieur, de vrais chevaux qui tournent en rond. Certains arrivent à gratter leur place dans une zone préférentielle, mais ils se font rapidement rattraper par la patrouille. Tant pis. Pendant ce temps, le speaker balance deux chiffres dont tout le monde se fout : « le Paris-Versailles, ce sont 7 500kg d’oranges et une tonne et demie de médailles ». L’heure du départ approche. La plupart ne s’en doute pas, mais à une centaine de mètres de là, arrive Anthony. Anthony de Sentier est un grand enfant, et comme tout grand enfant un peu taré, il a repéré le semi de Disney ce matin-là, et la possibilité de cumuler les deux : « j’ai tout calculé, je devais faire mon semi en moins d’1h30 pour choper le RER de 8h46 et arriver à l’heure ici au départ ». Résultat : 1h21’57 pour son premier 21k officiel depuis deux ans, et une arrivée devant la Tour Eiffel à 9h55. Premier défi relevé.

Anthony le pacer, des bacchantes et Sliman
(au milieu)

étirement popo
(au milieu)

Sas RER pour l’auteur

Puis le départ. Les premières vagues commencent à déferler. Laura (Sentier) essaye de ne pas se noyer en se protégeant avec les mains. D’autres surfent plus tranquilou. Il est un peu plus de 10h, c’est parti pour 16km à se défouler en foulées. Nous – Julien le photographe et moi-même – faisons le choix de nous préserver pour garder de l’énergie à l’arrivée, et optons pour le RER direction Versailles Château Rive Gauche.

Alex le premier élite (en haut)

Rip le doigt de pied

Merivan s’encroute

Avec un temps record de 35’, nous déboulons dans la ville de Louis XIV et d’Air juste à temps pour capter tout sourire Alexandre, premier mec de la Team Elite arrivé avec son temps canon dans la besace : 54’32, pas si loin du vainqueur Stephen Ogari et ses 49’59. « Ca s’est super bien passé, même si j’aurais aimé avoir un lièvre pour aller grapiller quelques secondes. Je dois être dans les 20 premiers a priori » révèle-t-il. Il termine en réalité 10ème ! Garance arrive peu de temps derrière en 1h01’21 et termine elle 6ème des féminines, toute sourire. Derrière, ça se pointe au compte-goutte, et sous la pluie : William des Champs-Élysées en 1h01’55, Laura accompagnée d’Anthony son pacer arrive en 1h06’38 et se classe 15ème féminine. Puis c’est au tour d’Amiade et ses larmes de passer la ligne, de suite réconforté par ses potes : « c’était vraiment dur, ça tirait vraiment dans la côte » confesse-t-il. Haiting lui arrive en 1h09 : « c’est vraiment grâce à Hugo, mon pacer, un héros ! » s’emballe-t-il, rempli d’endorphines. Stephen déboule lui en 1h13’29 : « j’ai vécu une super montée, et une grosse descente parachute ». Anthony « Disney » Roty atterrit lui en 1h16’45. Greg, qui visait le temps symbolique d’1h23’45 (tu l’as ?), débarque finalement en 1h24’41, devant Rodger et ses 1h26’40. Marguerite ferme finalement la marche et termine comme une fleur en 1h34’28

Amiadine a fini entier (en haut)

Anthony le semi paris versaillais

DO’s (en haut)

Tout ce beau monde migre alors vers la gare du RER pour rentrer motorisé à Porte Maillot. Le bus est partagé entre ceux qui pioncent et ceux à l’arrière qui essayent de lancer un « c’est à l’arrière qu’on gueule » qui ne trouve comme répondant que le silence. Pauline des Abbesses elle n’attend plus qu’une chose : « on va se casser le ventre avec le brunch ! ». Une demi-heure plus tard, la ligne 1 les accueille. Merivan le revenant fait une remontée fantastique, mais se voit coincer aux portes de la rame, et reste solo sur le quai. Matinée poissarde pour ce grand bonhomme qui se sera rétamé comme il faut pendant la course « à cause de lacets trop grands ». Hôtel de Ville, remontée le long du BHV et virage à droite, le parcours vers Le Jardin Municipal, un resto éphémère Rue des Francs Bourgeois, est plutôt plat et tranquille. Brunch directos ou séance d’osthéo ; pinte de bière ou demi de Cranberry, les options pour récupérer et passer encore un peu de temps ensemble sont variées. La sieste, elle, sera méritée pour toute cette amicale bande à trois bandes.

fermez les yeux,

la team élite arrive au…

…clap de fin